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25/12/2020, Jean-Claude Mulindahabi

C’est à l’occasion de la plus grande fête familiale que le Président burundais, le Général Evariste Ndayishimye a accordé la grâce présidentielle aux 4 journalistes du média Iwacu.

Libérés, Agnès Ndirubusa, Christine Kamikazi, Egide Harerimana, et Térence Mpozenzi ont réveillonné en famille. Selon le communiqué de la Présidence du Burundi, ces journalistes avaient adressé une requête de mesure de grâce au Président de la République. Ils avaient été condamnés à deux ans et demi de prison ferme, pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat. Ils étaient incarcérés depuis le 22 octobre 2019 à Bubanza, où ils enquêtaient sur des présumés affrontements entre l’armée burundaise et un groupe armé venu de la République démocratique du Congo.

Il n’y a pas plus beau cadeau de Noël qu’une telle libération qui permet, en plus, d’échapper à 14 mois supplémentaires derrière les barreaux. Le Burundi va, peut-être, gagner un point de plus au prochain classement de liberté d’expression. Il est actuellement à la 160ème position sur 180 pays.

La question:

Au nord du Burundi, y aura-t-il un tel geste en cette fin d’année de la part du Général Paul Kagame?

Au Rwanda, pas moins de 5 journalistes sont en prison. D’abord, Dieudonné Niyonsenga (alias Cyuma Hassan), célèbre journaliste et Rédacteur en chef d’Ishema TV, connu pour ses reportages et émissions sur des problèmes et le vécu quotidien de la population rwandaise.

Accusé d’avoir résisté aux injonctions de la police pendant le confinement, et du délit de « faux et usage de faux » (ce qu’il rejette), Niyonsenga est en détention depuis avril 2020 avec son collègue chauffeur Fidèle Komezusenge.

Ensuite, trois journalistes d’Iwacu TV: accusés de propager des rumeurs, Jean Damascène Mutuyimana, Jean Baptiste Nshimiyimana et Schadrack Niyonsenga, en prison depuis 2018.

Et enfin, le journaliste Phocas Ndayizera, détenu depuis novembre 2018, entouré de ses 13 coaccusés, qui, tous, contestent la charge de terrorisme avancée par le parquet rwandais.

Le régime de Paul Kagame est parmi les mal classés dans le domaine de respect de droits de l’homme, particulièrement en ce qui concerne la liberté d’expression. Il est au 155ème rang selon Reporters Sans Frontières. Une situation qui risque de s’empirer avec une tentative de mise en œuvre de restrictions et de mesures contraignantes sur les youtubeurs au Rwanda.