Partager/Share/Sangiza
Donald Trump à coté de Antonio Guterres
Photo Lucas Jackson/Reuters

Par Emmanuel Senga

20/09/2017

Nous sommes à la veille de l’ouverture officielle de la 72ème Session de l’Assemblée Générale de l’ONU, le Président américain et le Secrétaire Général de l’Organisation mondiale réunissent un mini-sommet pour lancer le projet de ré-organisation de l’ONU. Les deux promoteurs de l’idée s’entendent sur le besoin et la nécessité de cette réforme. Mais les deux hommes forts ont la même analyse ou accordent-ils leurs violons de la même manière? Les résolutions de cette Assemblée nous le diront.

 

Discours de campagne ou réalisme d’un Président élu sur promesse de  faiseur de  ‘deal’, Donald Trump entend pousser l’ONU à une ré-organisation, une réforme moins bureaucratique, moins budgétivore, moins sclérosée, moins lourde dans la prise des décisions. Et sur ce point, il est de mèche avec le Secrétaire Général de l’Organisation mondiale, Antonio Guterres.

Mais au juste, quoi chiffonne Monsieur Donald Trump dans cette Organisation? Officiellement il s’agit de la bureaucratie, de la lourdeur dans la prise des décisions, des fonctionnaires pléthoriques, l’inefficacité dans les interventions de maintien de la paix, d’une  manière générale, l’inefficacité dans les différentes sous-organisations dépendantes, mais paradoxalement très budgétivores. En homme d’affaires, il compte l’argent et ce qu’il peut conquérir. Sans résultats palpables, point n’est besoin d’investir dans cette organisation de faste, qui voit défiler, bon an mal an, tout le mois de Septembre, des Chefs d’Etats et de Gouvernements pour prononcer des discours et…rentrer chez eux, les résolutions les plus importantes revenant aux pays forts avec mandat de veto. En effet, toutes les décisions des chefs d’Etats et de Gouvernements doivent être entérinées par les supergrands, les cinq membres du Conseil de sécurité, sans quoi elles n’ont aucun effet. Et c’est ceci au juste, le noeud de cette bureasucratie. En voulant contourner les vetos qui sont nombreux, le Secrétariat Général de l’Organisation privilégie un ensemble  de négociations, qui mettent en route, par voie de conséquence, une administration lourde et parfois budgétivore, qui opère au detriment des Etats sociétaires, et surtout au détriment des pays les plus pauvres de la planète.

Selon Donald Trump, l’ ONU est frappée de faiblesse et d’incompétence; le nouveau Secrétaire Général, Antonio Guterres, semble lui emboîter le pas, pour certainement faire différemment que ses prédécesseurs, et de fait marquer son entrée en besogne. D’ailleurs le mini-sommet organisé par le Secrétaire General, avec l’accord tacite de l’Ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki  Haley. qui a vu son rôle accru au sein de l’Organisation, surtout avec les sanctions à l’unanimité à l’encontre de la Corée du Nord, ne vise que ça.

Concrètement, à la veille de son discours à la 72ème Session de l’Asssemblée Générale des Nations -Unies, Monsieur Trump désire-t-il réellement une profonde réforme de l’ONU? Moins sûr, pour la simple raison que les Etats-Unis ont besoin du reste du monde, notamment en matière de politique étrangère mondiale. Le temps où les Etats-Unis pouvaient agir seuls est révolu, il faut une co-gestion des décisions sur les grands dossiers. Il en a eu la preuve surtout avec l’engagement américain dans la lutte contre l’Etat Islamique et le terrorisme en général.

 

La 72ème Assemblée Générale de l’ONU n’attend pas le discours de Donald Trump sur la réforme de l’ONU, les Chefs d’Etats et de Gouvernements attendent Donald Trump sur trois dossiers brûlants:

-l’affaire de la Corée du Nord et son offensive nucléaire;

-l’accord américano-iranien, et

-l’accord de Paris sur les changements climatiques.