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22/11/2017, Communiqué de presse du RIPRODHOR

Indignation , dénonciation et condamnation du RIPRODHOR contre l’accord de traite esclavagiste conclu entre l’Etat d’Israël et l’Etat rwandais  d’une part, et l’Etat ougandais d’autre part.

Au moment où l’attention du monde entier est attirée par des images dégoutantes tournées par CNN sur les ventes aux enchères d’êtres humains en Lybie, le Gouvernement rwandais dévoile le contenu terrifiant  de l’accord qu’il a secrètement conclu avec l’Etat d’Israël pour la promotion du trafic des réfugiés africains. C’est ce qui ressort  des révélations du journal progouvernemental Igihe dans sa publication du 20/11/2017.

 Cet accord inspiré par la volonté de l’Etat d’Israël de fermer le camp  de détention de Holot près de sa frontière avec l’Egypte, prévoit de vendre 40.000 migrants africains au Rwanda au prix de 5000 dollars par tête de réfugié. Une somme dérisoire, incapable d’assumer les charges du réfugié durant un an au moins.

En 2015, l’opacité et le secret qui entouraient un accord  entre Israël d’une part, l’Ouganda et le Rwanda d’autre part, avaient poussé l’association IIRR (initiative internationale pour les droits des réfugiés), à alerter la communauté internationale sur les dérives de la politique israélienne en matière de droit d’asile. Celle-ci consistait à transférer les réfugiés soudanais et érythréens dont il savait qu’ils risquaient leur vie s’ils étaient renvoyés dans leurs pays, dans des pays tiers en l’occurrence en Ouganda ou au Rwanda.

Pour les inciter à partir, Israël durcissait les conditions de détention dans le centre,  agitait la menace de les expulser de force en dehors de ses frontières tout en  leur proposant un don de 3.500 dollars, des papiers conformes au voyage et préludes à ceux de leur établissement définitif dans les nouveaux pays d’accueil.

Les réfugiés ont été déçus de voir les autorités des pays hôtes leurs confisquer tous ces papiers  dès leur atterrissage aux aéroports. Par contre, ces autorités leur ont réservé des lits dans des centres d’hébergement, seuls endroits où ils étaient autorisés à rester et à payer leur séjour provisoire avant d’y être éjectés de force, une fois la bourse de 3500 dollars épuisée, pour être conseillé de reprendre le périlleux  parcours clandestin de l’exil vers l’Europe. Voilà comment cet accord, expérimenté depuis 2015 va être utilisé comme une véritable machine à broyer près 40.000 réfugiés soudanais  par le Rwanda, qui prétend présider très prochainement aux destinées de l’Union Africaine.

Rien d’étonnant alors de voir les chefs d’Etats africains, attendre confortablement les révélations de la CNN sur la banalisation des ventes d’êtres humains en Lybie pour ne  verser que des larmes de crocodiles contre des crimes odieux qu’ils laissent se commettre aussi froidement sur leurs territoires. Tous les chefs d’Etats africains sont très bien au courant de ce commerce de bois d’ébène entre Israël et le Rwanda mais aucun d’entre eux n’ose lever un doigt pour le dénoncer. Ce commerce de réfugiés soudanais et d’érythréens est aussi ignoble et outrageant que celui de la vente d’être humains aux enchères de migrants en Lybie. Personne n’est autorisé à le laisser s’exécuter.

Le RIPRODHOR dénonce la complicité solidaire des chefs d’Etats africains qui n’osent rien entreprendre pour interdire et empêcher sur leur continent la réintroduction sournoise  de nouvelles formes d’esclavage qui sont un véritable outrage à la conscience de l’humanité.

Le RIPRODHOR recommande à l’Etat d’Israël de respecter ses engagements du droit international du fait que « pacta sunt servanda ». Il a signé la convention de Genève de 1951 sur les réfugiés qui interdit toute forme de discrimination lors de son application. A cet effet il lui demande de mettre fin à sa politique d’expulsion ou de transfert des réfugiés qui risquent leur vie dans leurs pays d’origine.

Le RIPRODHOR recommande au Rwanda et à l’Ouganda de cesser de se comporter en Etats voyous. Ils doivent mettre définitivement fin à cet accord de trafic immoral d’êtres humains.

Le RIPRODHOR demande à la communauté internationale de diligenter une enquête indépendante sur la recrudescence du crime d’esclavage pour que les auteurs soient punis et pour en prévenir la réédition.

 

Fait à Lyon le 22/11/2017

Théobald RUTIHUNZA

Président du RIPRODHOR